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L'accordéoniste
Ronan Robert et ses amis jazzmen se sont retrouvés hier soir, au théâtre
de Cornouaille, pour un concert en dehors des clivages musicaux. Depuis
trois ans, la formation Ronan Robert Réunion tisse de nouveaux liens
entre musique traditionnelle et improvisations jazz.
Ronan Robert aime le changement. L'ancien accordéoniste de Carré Manchot,
après 15 années de fest-noz, avait décidé en 1992 d'élargir son
répertoire avec Cocktail Diatonique, la formation de Yann-Fañch
Perroches. Trois concerts avec Richard Galliano ont convaincu l'enfant
de La Baule, fils d'un sonneur de veuze, de s'ouvrir au jazz. L'attrait
des cuivres a été le plus fort et l'accordéoniste diatonique a depuis
créé une formation éclectique, où l'on retrouve son compère Christophe
Caron à la bombarde et cinq jazzmen.
Le résultat est un paysage musical étonnant, où l'accordéon s'efface
devant le trombone improvisateur, avant de reprendre le swing à son
compte, où la bombarde et la trompette jouent de leurs résonnances,
avant que la batterie ne calme doucement le tempo. Ni le traditionnel,
ni le jazz ne domine l'autre, dans cette rencontre somme toute démocratique.
"Au début, il y a trois ans, chacun essayait de tirer la couverture
à soi, reconnaît Ronan Robert. Les cuivres, lors des chorus, partaient
très loin dans leur improvisation. Aujourd'hui, nous avons des références
communes, nous restons davantage dans la musique écrite".
Les compositions et les arrangements de Dominique Le Voadec, le
trompettiste, laissent le temps à chaque instrument de retrouver son
souffle. Un équilibre musical qu'il n'était pas évident de trouver pour
une formation, sans producteur, qui ne se réunit qu'une dizaine de fois
par an. Le reste de l'année, l'accordéoniste accompagne la chanteuse
Morwenna et anime des fest-noz. Quand on vous dit que Ronan Robert aime
le changement...
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